
Musique et cinéma étant intimement liés, un petit tour du côté du 7ème art ne serait pas un mal sur "Route 70"... Et pour commencer, parlons un peu de culte... Et si il y a un bon mot avec lequel on nous bassine à longueur de temps pour tout et n'importe quoi, c'est bien le mot "Culte"...
Le terme "culte" a une origine remontant aux années 70 à l'époque où, aux États-Unis, les directeurs de salles distribuaient des films comme "Eraserhead (David LYNCH)", "La Nuit des Morts Vivants (Georges ROMERO)", "El Topo (Alejandro JODOROWSKY)", "Pink Flamingos (John WATERS)", j'en passe et des meilleurs aux séances de minuit (les fameux "Midnight Movies"), créant ainsi une alternative aux grosses distributions Hollywoodiennes. Ces films ont la particularité d'être des films décalés (El Topo, Rocky Horror Picture Show), undergrounds (Pink Flamingo), surréalistes (Eraserhead), trash ("Maniac" de William Lustig ou les premiers Ferrara) ou au discours politique à peine déguisé(La nuit des morts vivants... Oui oui...)
Ces films ont bâti leur notoriété par le bouche à oreille. Un objet ou un film dit "culte" est synonyme de rareté. Qui dit rareté, dit donc ralliement d'une petite communauté. Un truc qui échappe totalement à son réalisateur pour devenir la possession de fans. L'apparition de la cassette vidéo a fait que le public s'est agrandit avec le temps, (le laserdisc et le dvd amplifiant encore le phénomène de diffusion par la suite). Un film comme "The Rocky Horror Show" a vu son succès et sa reconnaissance grâce aux séances de minuit où le public se déguisait comme les acteurs pour recréer les scènes et les chansons dans la salle tout au long de la projection dans un bordel monstrueux et festif.
Il ne faut pas confondre films cultes et films populaires. Si certains films cultes sont rentrés dans le cadre populaire (comme "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe HOOPER ou "EASY RIDER" de Dennis HOPPER) d'autres ont été créés dans l'esprit du culte pour tenter de le devenir eux même (Tarantino pompant le meilleur du cinéma Bis dans chacun de ses films...) ou pire, être créés pour être cultes et se retrouver être de grosses bouses indéfinissables comme "Le Projet Blair Witch (Blair ho?)" ou les derniers en date, pseudo culte avant même sa sortie à l'époque du numéro 1 :"Paranormal Activity" grâce à un buzz internet plus ou moins construit de toute pièce pendant son tournage... On ne créé pas un film culte... Il se construit lui même...
Le risque étant l'élitisme. Un petit groupe de fideles n'est pas forcément une élite non plus. Si l'on prend le cas de David Lynch avec "Eraserhead"... C'est un film d’études qu'il a réalisé en trois ans. Ce film s'est taillé ensuite sa réputation auprès d'étudiants et d'amateurs de métrages expérimentaux underground, avant de se retrouver considéré comme un chef d’œuvre du septième art (ce qui ne le rend pas plus abordable pour autant...)
Dans ce cas c'est une certaine élite intellectuelle qui a bati sa réputation et c'est à eux que Lynch doit sa carrière, (sous une certaine forme, Darren Aronofsky connait le même chemin depuis son premier film "PI", mais le dvd et les festivals aidant, son ascension est plus rapide...)
Autre exemple de film culte c'est "Bad Taste", réalisé en quatre ans et quelques par Peter Jackson chaque weekend. Ce qui devait être un simple court métrage sur la tournée d'un prédicateur en Nouvelle Zélande s'est transforme en long métrage gore à mourir de rire. Le film s'est taillé sa réputation grâce à des fans avant de gagner l’étranger et différents festivals. C'est encore du a des fans de cinéma Gore (et pourtant on ne peut pas dire que l'on parle d’élite... Plutôt des gens à l'esprit potache).
Mais, encire une fois, on ne décide pas si le film devient culte ou non. Il le devient lui même. Mais c'est quelque chose qui a tendance à disparaitre. On peut dire qu'un film pouvait devenir culte dans les années 70 et jusqu'à la fin 80. Tout simplement à cause du développement des médias comme la vhs d'abord, puis le laserdisc et le dvd. Enfin Internet et le développement de la dv permet a des gens avec peu de moyen de réaliser leurs œuvres et les diffuser rapidement. Pratiquement, le développement de la technologie limite l'effet culte pour faire maintenant des films qui atterrissent dans la case "populaire" (même si leur diffusion est restreinte)
Il faut avoir en tête que l'on parle de films qui ne sont généralement pas destinés à tout public à une époque remontant à trente ans voir plus. Donc une communication différente de celles que l'on connait actuellement. Le bouche à oreille à l'époque créait un buzz autour d'une œuvre et bâtissait sa réputation sulfureuse ou non...
Par exemple Russ Meyer était connu et ses films célèbres à travers le monde sans que l'on puisse réellement les découvrir sur un écran... Maintenant on les trouve en dvd...
Pareil pour le Z, les lectures de magazines de cinéma dans les années 80 où l'on fantasmait sur les productions Troma, le gros bis qui tache rital et le cinéma gore Indonésien... On les connaissait de A à Z sans même les avoir vus, il y avait un engouement et il aura fallut des stratagèmes terribles pour pouvoir en découvrir sur des copies VHS pourries en VO. Maintenant on les trouve en VF en DVD sur internet et de manière plus ou moins légale en quelques clics...
Il y avait ce côté quête du Graal... Connaitre l'existence de l’œuvre et attendre des années avant de la voir... Mais presque je devrais faire une note sur ce sujet...
Le problème à l'heure actuelle est que tout est qualifié de "culte" et ce par intérêt financier. En gros le mot "culte" sonne mieux que "populaire" qui n'est pourtant pas péjoratif... On peut, dans ce cas là, considérer le "populaire" comme la mutation d'un film culte. Son passage à l'âge adulte. C'est sur que financièrement les retombées ne sont pas les mêmes pour les décideurs et investisseurs, mais le constat est là. Imaginons une pub disant : "Pulp Fiction, le film populaire de Tarantino en quintuple de DVD director's cut édition collector limitée à 20 millions d'exemplaires... Ca sonne moins bien... Le mot "culte" est court et tape mieux...
C'est le temps et une minorité d'adorateurs d'une œuvre qui décident de son statut culte. Et non pas des publicistes ou une intelligentsia quelconque (Les films de chez Troma sont cultes et pourtant on est dans le gros Z jouissif débilos assumé...)
Donc, par pitié, arrêtons de qualifier de culte tout et n'importe quoi... A quand la savonnette culte? La voiture culte? La brosse à dent culte? Le rouleau de Pculte? Sérieux, remettons les choses à leur place...
2 commentaires:
Marrant, j'ai fait un sujet du même genre sur mon blog il y a quelques temps, au sujet du terme urgence utilisé comme une mode il y a 2-3 ans.
Faudra que tu me files le lien pour que je porte plainte pour plagia de ta part...
Enregistrer un commentaire