jeudi 8 décembre 2011

CHRONIQUES D'OUTRE-TEMPS 2 : FINI TON STOCK D'HEINEKEN, ET TERMINE LA TÊTE DANS LES WATERS, MAN... Ou "Comment j'ai failli devenir sourd..."


Chaque décennie a son lot de producteurs compositeurs faiseurs de hits de génie qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de la musique. Tout cela était bien beau et fonctionnait pas mal du tout, d'autant que bon nombre d'entre eux sont rentrés dans la légende (Phil Spector Rules...).

Et si maintenant, tu te retrouves agressé par Lady Gaga, Britney Spears et que tu n'écoutes plus la radio parce que tu entends toujours la même chose et que tu veux en connaitre les principaux responsables, ne cherche plus... Les prochaines lignes t'éclaireront...

Jusqu'en 84, les choses n'allaient pas trop mal, mais ce qui devait arriver arriva et la deuxième moitié de cette décennie fut marquée à tout jamais du sceau de l'infamie et de la décadence, avec l'apparition des trois mousquetaires de la daube prête à danser, du déjà nase à peine sorti, les rois de la machine à pognon, les empereurs du vomissable à volonté, les Dieux du son cacastrophique : Mike STOCK, Matt AITKEN et Pete WATERMAN (SAW). Trois anglais qui, dans l'intimité de leur studio, ont accumulé hits puants et pop-stars à la con et tout ça en s'inspirant de la réverbération naturelle de leurs WC quand ils allaient faire caca...

Peter Waterman, est le leader rusé et génial (d'après son banquier) du trio et décida qu'il était temps pour eux de se faire des couilles en or. Il connaît le fonctionnement de la musique et du business sur le bout des doigts. En gros, pour faire de la maille, il sait s'y prendre comme personne... Sa méthode? Récupérer la latino-disco de Miami avant tout le monde, la mâtiner un chouïa de l'esprit de la Northern Soul anglaise et du Tamla Motown de Détroit, et balancer sa pop électronique foireuse et calibrée pour les charts et les dancefloors en heavy rotation, tout ça pour ta maman qui était encore jeune à l'époque et qui avait une attirance perverse pour le prêt-à-gerber sonore...

A cette époque, Stock, Aitken & Waterman, pensent que la boîte à rythme et le clavier Yamaha DX7 sont les deux meilleures choses qui soient arrivées à la musique du XXe siècle, alors que tout le monde sait que ce sont les Français Johnny Hallyday et Michel Sardou qui l'ont rendu si pourrie avec la complicité de Maritie et Gilbert Carpentier.

Les échangistes d'ABBA ne sévissaient plus sur les ondes depuis un moment et le Top 50 devenait la référence pour savoir ce qu'il ne fallait surtout pas écouter afin d'éviter que notre cerveau ne devienne confortablement engourdi. Manque de bol, les gens ne virent pas l'émission de cette façon là... Le mal était fait et la voie était toute tracée pour faire déferler des torrents de bouse commerciale.

Avec une force et une volonté peu commune de vouloir imposer leur vision du marketing disquaire, les trois Anglais décidèrent de se lancer dans la destruction neuronale de masse en dealant leur son fait de synthèse.

Par leur façon de mélanger les courants musicaux de l'Europe et de l'Amérique, Stock, Aitken & Waterman ont réussi à écrire 141 bouses en inventant le copier/coller avant de refourguer ce système à Bill Gates pour Windows, dont treize seront numéro un des ventes, ce qui représente quelque chose comme 35 millions de disques vendus autour du monde. Ca laisse, effectivement, rêveur de penser que de la daube rapporte autant… Ils inventèrent le concept de terrorisme musical et les sociétés de sécurité s'en inspirèrent pour régler les fréquences de leurs alarmes anti-intrusion.

Jugez plutôt les produits estampillés "SAW". C’est de la véritable Appellation d'Origine Inécoutable :

Rick Astley, Kylie Minogue, Jason Donovan, Paul Mc Cartney (Oh putain, ça craint...), Samantha Fox, Mel & Kim, Dead Or Alive, j'en passe et des pires... Cette hégémonie tubesque dura de 1984 à 1991, où des mecs en chemise de bucheron sous Xanax et héroïne avec des guitares vintages vinrent stopper leurs exactions. Mais le mal était fait et leur compte en banque plein à craquer... Ils pouvaient se retirer...

Depuis? Stock Aitken et Waterman ont été condamnés par le Tribunal International de La Haye pour crime contre l'humanité, les gardiens de Guantamo passant en boucle du Rick Astley dans les cellules de leurs prisonniers, et les hélicos américains investissant le terrain Afghan non pas au son de "La Chevauchée des Walkyries", mais à grands coup de Kylie Minogue et son toxique "I Should Be So Lucky".

Paix aux âmes de leur millions de victimes...

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